cas d’infection sexuellement transmissible
Cas n° 1
Mlle H, 23 ans, consulte pour des leucorrhées
abondantes et fétides. Les diagnostics évoqués sont une trichomonose, une
vaginose, une cervicite mucopurulente à gonocoque ou Chlamydia trachomatis (Ct)
ou un oubli de tampon.
Questions/réponses
Que faire ?
1. Un prélèvement microbiologique aux quatre
sites (vagin, col, gorge, anus).
2. Un traitement antibiotique immédiat.
3. Un prélèvement microbiologique aux quatre
sites puis un traitement antibiotique immédiat
3. Bonne réponse
• L’examen des sécrétions du prélèvement
vaginal au microscope à l’état frais ne montre rien. Au col, il existe quelques
cellules épithéliales, de très nombreux polynucléaires plus ou moins altérés et
quelques bacilles. Qu’en concluez-vous ?
1. C’est une gonococcie isolée.
2. C’est probablement une gonococcie, mais il y
a peut-être une infection à Ct associée.
3. C’est une trichomonose.
4. Rien, on attend la culture.
2. Bonne réponse
• Parmi ces propositions, quel traitement de la
gonococcie prescrivez-vous ?
1. Cefixime 400mg dose unique (DU) per os.
2. Spectinomycine 2g DU en IM.
3. Ceftriaxone 500mg DU en IM.
4. Azithromycine 2g DU per os .
5. Ciprofloxacine 500mg.
Bonne réponse
3. La ceftriaxone (Rocéphine®) est le
traitement de référence et est active sur les gonococcies pharyngées.
Le cefixime pourrait être utilisé, mais il est
peu actif dans la gorge. L’azithromycine est mal tolérée et il existe beaucoup
de résistances ; enfin, plus de 50 % des gonocoques sont actuellement
résistants à la ciprofloxacine.
• Vous associez :
1. un traitement antiChlamydia type cycline ou
azithromycine ;
2. un traitement anticandidosique ;
3. les deux.
Bonne réponse
3. Devant une cervicite mucopurulente, on ne
peut pas savoir, dans l’attente des résultats, si des gonocoques et/ou des
Chlamydia sont en cause. Il faut donc traiter les deux et ne pas oublier qu’à
chaque traitement antibiotique donné à une femme, il existe un risque de mycose
secondaire qu’il convient raisonnablement de prévenir. Chez la patiente, le
résultat de la culture a mis en évidence une gonococcie cervicale et urétrale
bêtalactamase positive.
Cas n° 2
Mlle S, 20 ans, consulte pour des brûlures
vulvaires et vaginales avec des pertes, des boutons, voire des plaques, apparus
depuis 15 jours. Elle prend un traitement hormonal substitutif, car elle est
ménopausée prématurément, et a un compagnon qui ne se plaint de rien. À
l’examen, la vulve est recouverte d’un enduit blanchâtre. Au speculum , il
existe des leucorrhées liquides abondantes, bulleuses, non malodorantes. Le
diagnostic évoqué est celui d’une vaginose bactérienne.
Questions/réponses
Que faites-vous ?
1. Un traitement d’épreuve par ovules de type
Flagyl® 1/jour pendant 5 jours, sans prélèvement.
2. Un prélèvement cervicovaginal (PV) complet.
Bonne réponse
2. En règle générale, il convient d’attendre le
résultat de l’examen direct avant de donner un traitement.
• À l’état frais, il existe des Clue cells, de
nombreux polynucléaires, pas de flore de Döderlein. Que proposez-vous ?
1. D’attendre le résultat du PV
2. De prendre du Flagyl® 500, 1 comprimé matin
et soir pendant 7 jours, suivi d’un antimycosique.
Bonne réponse
1 ou 2. Il existe déjà des éléments pour
traiter (Clue cells, absence de flore de Döderlein) ; il n’est donc pas
nécessaire d’attendre les résultats du PV. Nous avons une petite préférence
pour le traitement par ovules, qui entraîne une amélioration rapide des
symptômes locaux et auquel il convient de toujours associer un antimycosique,
car une mycose suit souvent le traitement par Flagyl®, qu’il soit local ou per
os.
• Le prélèvement a mis en évidence des
Gardnerella vaginalis associées à des anaérobies, infection volontiers
récidivante. Que proposez-vous ensuite ?
1. Des cures de Flagyl® espacées régulièrement
en ovules, 1 ovule par semaine pendant 2 à 3 mois.
2. Des cures de Polygynax® espacées
régulièrement en ovules, 1 ovule par semaine pendant 2 à 3 mois.
Bonne réponse
1. Mais il est possible d’alterner avec le
Polygynax®, parfois moins difficile à introduire. Le Flagyl® per os peut être
mal toléré au plan digestif et les patientes préfèrent généralement le
traitement local, peu contraignant à raison d’un ovule/semaine.
• La patiente n’a plus de pertes en quelques
jours, mais les boutons et les plaques persistent. Il s’agit de condylomes
acuminés pigmentés (confirmés à la biopsie). Cette patiente a subi, il y a un
an, une greffe de moelle osseuse pour une LAM4 et les condylomes sont apparus
lors de la réaugmentation du traitement immunosuppresseur pour une réaction du
greffon contre l’hôte (GVH). Quelle conduite proposez-vous ?
1.Ne rien faire, car les condylomes
disparaîtront lorsque son immunité sera restaurée.
2.Traiter a minima afin de minorer l’extension
des lésions.
3.Obtenir une rémission complète des lésions.
Bonne réponse
2. La réponse 3 est illusoire, car tant qu’elle
est sous immunosuppresseur, les condylomes continueront à évoluer. Le
traitement qui lui est proposé associe de l’azote liquide une fois par mois et
de l’imiquimod appliqué régulièrement, avec une surveillance par frottis tous
les trois mois. |

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